Présentation
Comment as-tu commencé la musique, et qu’est-ce qui t’a donné envie de te professionnaliser ?
J’ai toujours chanté. Ma mère nous faisait écouter beaucoup de chanson française, donc ça a commencé très tôt. Assez rapidement, j’ai trouvé ça cool d’écrire et de composer. On m’a aussi orientée vers la production, donc j’ai un peu appris à tout faire en même temps. Petit à petit, j’ai réalisé que ça pouvait devenir un métier et surtout que c’était quelque chose que j’aimais vraiment beaucoup faire.
Comment décrirais-tu ta musique aujourd’hui, et qu’est-ce qui t’a attiré vers ce mélange d’électro, de pop et de chanson à texte ?
Ce qui m’a amenée vers la musique électronique, c’est ma découverte de Zaho de Sagazan. J’ai eu un vrai déclic : son rapport au texte est très fort, et en même temps, l’électro ouvre un champ immense. Avec un synthé, on peut tout créer.
En parallèle, j’ai grandi avec la variété française, donc l’importance du texte a toujours été là. J’ai toujours aimé écrire des chansons, des carnets, des poèmes. Aujourd’hui, j’accorde beaucoup d’attention aux mots. Je peux chercher longtemps une formulation juste, pour que ça sonne vrai pour moi et que ça le devienne ensuite pour les autres.
Travail actuel
Sur quoi travailles-tu en ce moment à Catalyse ?
En ce moment, je travaille beaucoup sur le live. L’idée, c’est de développer toute la dimension scénique du projet, autant visuelle que sonore. On affine mon univers notamment le côté robot : quand le mettre en avant, quand au contraire le laisser en retrait pour laisser plus de place aux textes.
Il y a aussi un gros travail de production : équilibrer les sons, trier des prods très denses. Et bientôt, davantage de travail autour du corps et de la danse. Je n’ai jamais pris de cours et je ne suis pas quelqu’un de très à l’aise avec mon corps à la base. Mais comme ma musique est très dansante, ça m’amène naturellement à bouger. J’ai envie d’aller plus loin là-dedans, de trouver plus de lâcher-prise sur scène.
Tes morceaux abordent des thèmes comme l’hypersensibilité ou la santé mentale : d’où viennent tes textes et tes sons ? Qu’est-ce que tu cherches à faire ressentir à travers ta musique ?
Les thèmes viennent plus d’un besoin que d’une intention. Je ne me dis jamais : « Aujourd’hui, je vais écrire sur l’hypersensibilité ou la condition de la femme », je suis une autrice instinctive, j’écris souvent dans les transports, sur mon téléphone.
Dans ma musique, il y a beaucoup d’émotions différentes : de la révolte, de la douceur, de la fragilité. J’espère surtout que les gens se sentent compris dans leurs émotions. Et aussi que ma musique leur donne envie de danser.
Quels types de retours sur ton travail te touchent particulièrement,te donnent envie de continuer ?
Ce qui me touche le plus, c’est quand les gens me disent qu’ils se reconnaissent dans mes textes. Quand on me dit : “Je comprends ce que tu racontes”, c’est le plus beau retour possible.
Parfois, ça aide aussi des personnes à mieux comprendre leur entourage, que ce soit des personnes hypersensibles ou queer. Ça c’est un accomplissement.
Et sur le plan professionnel, les retours sur mon univers comptent beaucoup. On me dit souvent qu’il est très précis, et ça me fait plaisir : Un univers électro aux accents robotiques, avec des textes sensibles et incisifs.
Si tu pouvais collaborer avec un·e artiste, musicien·ne, plasticien·ne ou autre, qui choisirais-tu, et pour créer quoi ?
Probablement Zaho de Sagazan. Nos esthétiques sont proches en ce moment. J’admire énormément sa plume. Je ne sais pas exactement ce qu’on créerait, mais je pense que nos univers pourraient très bien dialoguer.
Expérience à Catalyse
Tu fais partie du programme d’accompagnement Inkuba : qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre cette aventure ?
Je suis amie avec l’artiste OWNI, qui a été l’artiste Inkuba de la saison précédente, donc j’ai pu voir à travers ses progrès et l’évolution de son projet à quel point cet accompagnement serait bénéfique pour moi.
D’autant plus que je suis en auto-production sur mon projet, j’avais besoin d’avoir un oeil autre que le mien posé sur ce que je fais.
En quoi le fait d’être accompagnée par Catalyse influence ton travail aujourd’hui ?
Ça m’apporte des retours précis et exigeants. Comme je viens d’un parcours très autodidacte, avoir des personnes expérimentées qui me font des retours construits, ça change beaucoup de choses. Ça me permet de prendre du recul et de structurer mon projet plus solidement.
Y a-t-il une étape, une création ou une prise de conscience marquante depuis le début de l’accompagnement ?
Oui, surtout autour de la scène. J’ai l’impression que l’accompagnement m’a vraiment ouvert les yeux sur beaucoup d’aspects du projet. Je savais déjà que j’avais une grande marge de progression, mais tout le travail autour de la scénographie a été particulièrement révélateur.
On a beaucoup réfléchi à la manière de construire un set : comment raconter une histoire sur toute la durée d’un concert, comment gérer les dynamiques, les montées, les respirations. Au départ, il y avait une crainte que mes sonorités et mes textes soient trop sombres sur l’ensemble d’un live, que ce soit trop “dark” du début à la fin.
Finalement, on s’est rendu compte que ça fonctionnait, justement parce que j’arrive à naviguer entre différentes intensités. L’enjeu, c’était d’équilibrer la setlist : alterner les moments plus denses avec des instants plus lumineux, pour que l’expérience reste forte sans devenir trop lourde émotionnellement.
Tout ce travail sur la mise en scène et l’équilibre des émotions a été très structurant pour moi.
Qu’est-ce que tu aimerais avoir développé ou consolidé d’ici la fin du programme ?
Le live reste une priorité. Mais j’aimerais aussi progresser sur la présence en ligne. Les réseaux sociaux, c’est un outil puissant… et un peu vertigineux. J’aimerais apprendre à mieux les utiliser, de manière plus sereine et stratégique.
Vision future
Comment vois-tu ton projet évoluer dans les prochaines années ?
Aujourd’hui, ce qui me nourrit le plus, c’est la scène. On y vit mille émotions différentes, bien plus que seule en studio. J’aimerais beaucoup développer cet aspect, jouer davantage, peut-être à l’international francophone. Et construire un album.
Pour finir, aurais-tu un conseil à donner à un·e artiste qui se lance dans la musique ?
Ne pas attendre que quelqu’un vienne vous chercher. Quand j’ai commencé, j’étais seule, donc j’ai appris à produire, enregistrer, me débrouiller. Aujourd’hui, il y a énormément de ressources accessibles. Il faut essayer, expérimenter, avancer. C’est comme ça que les choses se mettent en mouvement.

